Un début d’année 2026 explosif pour le Bitcoin et les cryptoactifs
Le Bitcoin et l’ensemble du marché des cryptomonnaies entament 2026 sur les chapeaux de roues, affichant des gains solides portés par de nouvelles allocations de début d’année et un regain d’intérêt pour les valeurs refuges sur fond de tensions géopolitiques. Alors que les flux institutionnels vers les ETF au comptant cotés aux États-Unis s’accélèrent, signalant potentiellement la fin d’une période d’aversion au risque, la confiance semble revenir sur les marchés.
Le Bitcoin s’échangeait mardi aux alentours de 93 700 dollars, enregistrant une hausse d’environ 1 % sur 24 heures et une progression de plus de 7 % depuis le 1er janvier. Cette dynamique positive entraîne dans son sillage les autres actifs majeurs : l’Ether a grimpé de près de 9 % sur la même période pour atteindre 3 224 dollars. C’est toutefois le XRP qui mène la danse parmi les grandes capitalisations, avec un bond spectaculaire de près de 29 % sur la semaine, tandis que Solana et le Dogecoin affichent également des performances remarquables.
La fin de la pression fiscale libère le marché
Ce rallye fait suite à une fin de mois de décembre morose, où l’action des prix a été bridée par des ventes liées à la fiscalité et aux nettoyages de bilans de fin d’année. Les détenteurs basés aux États-Unis ont massivement liquidé certaines positions à perte pour compenser leurs gains en capital et réduire leur facture fiscale globale, une stratégie classique pour optimiser l’imposition. Cette pression vendeuse s’étant dissipée, le marché bénéficie désormais d’un rebond technique.
Selon les observateurs de QCP Capital, basé à Singapour, la corrélation actuelle des cryptomonnaies avec les autres actifs à risque ressemble moins à une coïncidence qu’à un véritable changement de régime pour débuter l’année. Ce mouvement est soutenu par l’épuisement des ventes fiscales et le retour de la « politique optionnelle » sur les radars des investisseurs. Parallèlement, Wall Street a également débuté la semaine dans le vert, porté par un regain d’optimisme autour de l’intelligence artificielle et une hausse des valeurs pétrolières.
Tensions géopolitiques et rumeurs vénézuéliennes
L’actualité internationale joue également un rôle prépondérant dans cette hausse. La récente frappe militaire américaine au Venezuela a probablement renforcé l’attrait du Bitcoin en tant que valeur refuge, au même titre que l’or. Jeff Anderson, responsable Asie chez STS Digital, explique que ce mouvement au comptant résulte d’un mélange de nouveaux budgets de risque mis au travail et d’une rotation vers des actifs tangibles face aux gros titres sur le Venezuela.
Une spéculation croissante suggère par ailleurs que l’offre de pétrole vénézuélien pourrait augmenter sous la supervision américaine, ce qui, toutes choses égales par ailleurs, pourrait faire baisser les prix du brut. Un tel scénario générerait une impulsion désinflationniste permettant aux banques centrales de réduire leurs taux plus rapidement. De plus, des rumeurs de marché, bien que non vérifiées, ont refait surface, affirmant que le Venezuela pourrait contrôler une réserve « fantôme » substantielle de Bitcoin, potentiellement comparable en échelle aux avoirs de grandes entreprises comme MicroStrategy.
Les traders visent les 100 000 dollars
L’optimisme se reflète clairement sur le marché des options, où les traders semblent parier sur un retour rapide au seuil psychologique des 100 000 dollars. Les données de la bourse de produits dérivés Deribit montrent une concentration importante de contrats ouverts expirant le 30 janvier avec un prix d’exercice à ce niveau. La valeur notionnelle totale de ces contrats est plus du double de celle du deuxième contrat le plus sollicité, à savoir les options de vente à 80 000 dollars.
Il convient néanmoins de noter que, malgré cet élan positif, des inquiétudes persistent quant à la faible liquidité du marché. Cette situation rend les cours vulnérables à des mouvements de prix brusques, rappelant aux investisseurs que la prudence reste de mise après le crash du quatrième trimestre de l’année précédente.